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Education des adultes : Résultats de la Conférence de Belém présentés à Berne

La présentation des résultats de la sixième Conférence sur l’Education des Adultes de l’UNESCO, la CONFINTEA VI, organisée par la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA) en collaboration avec la DDC et le Réseau suisse Education et Coopération Internationale (RECI), a eu lieu le 5 juillet 2010 à Berne. L’«apprentissage tout au long de la vie» a été au centre du débat qui a eu lieu à Belém, au Brésil, en décembre 2009. La mise en place de systèmes éducatifs qui assurent une formation continue constitue un défi primordial, au Nord et tout particulièrement dans les pays en voie de développement qui peinent toujours à offrir une éducation de base de qualité à toutes et à tous.

Après une ouverture de la manifestation par Rudolf Strahm, président du comité directeur de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA) et Edita Vokral, vice-directrice DDC, la discussion a été alimentée par Lynne Chisholm, co-auteure du premier rapport mondial sur l’éducation des adultes (GRALE), Adama Ouane, directeur de l’Institut pour la formation tout au long de la vie de l’UNESCO et organisateur de CONFINTEA VI, André Schläfli, directeur de la Fédération suisse de l’éducation des adultes (FSEA), Fabienne Lagier, responsable du point focal éducation à la DDC et François Niada, représentant du Réseau suisse Education et Coopération Internationale (RECI).

Les intervenant-e-s ont été unanimes pour souligner que la CONFINTEA VI ne peut avoir des effets que si chaque pays prend le plan d’action au sérieux et s’engage à mettre en œuvre les recommandations qui ont été faites. Le Cadre d’action de Belém contient des propositions qui sont d’actualité et d’une grande importance pour la coopération au développement. Nous retenons les constats suivants:

  • Le premier rapport mondial sur l’éducation des adultes (GRALE) met en évidence que les écarts Nord-Sud persistent, aussi bien dans le domaine de l’éducation de base que dans celui de la formation professionnelle. On estime à 740 millions le nombre de femmes et d’hommes qui ne savent pas lire et écrire. Mais le manque de données fiables sur les pays en développement rend les comparaisons et la mise en évidence des résultats atteints difficiles.
  • Dans le cadre des OMD, le risque de focalisation des pays en voie de développement sur les écoles primaires, c’est-à-dire sur l’éducation formelle, est grand. L’expérience a montré que cela ne permet pas de répondre à l’ensemble des besoins éducatifs et de formation des jeunes et des adultes et d’atteindre les objectifs de l’EPT.
  • Il est nécessaire de diversifier l’offre éducative et d’encourager l’innovation. Il faut poursuivre et renforcer le plaidoyer en faveur d’une alphabétisation et éducation non formelle adoptant des approches non-réductrices qui permettent d’obtenir des résultats durables et utiles au quotidien.
  • Des efforts conséquents sont à faire pour renforcer non seulement l’accès mais la qualité de l’éducation, notamment au travers de la professionnalisation des formateurs et formatrices, des enseignant-e-s, des animateurs et animatrices en alphabétisation.
  • On assiste aujourd’hui à un «ramollissement» entre le formel et le non-formel. La construction de systèmes étatiques plus perméables, incluant diverses passerelles, doit être appuyée et les structures et mécanismes de reconnaissance et de validation de toutes les formes d’apprentissage doivent être renforcés.
  • La coopération Sud-Sud pour le suivi et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et de l’Education pour Tous (EPT) est essentielle; elle doit être encouragée et accompagnée.
  • La société tout entière -et non seulement des ministères de l’éducation- est responsable pour l’ «apprentissage tout au long de la vie». Le partenariat entre l’Etat, la société civile, le secteur privé et les partenaires sociaux y joue un rôle clé.
  • Le financement de l’éducation des adultes est insuffisant dans la plupart des pays en voie de développement et se situe en dessous de 1%, alors que 6% du PIB sont recommandés. Or, on sait aujourd’hui que les investissements consentis ont des effets positifs d’une génération à l’autre.

    Des informations concernant la CONFINTEA VI avaient déjà été publiées dans la News du 20.11.2009. Une interview d’Adama Ouane, directeur de l’Institut pour la formation tout au long de la vie de l’UNESCO et un complément d’information paraîtront dans le Bulletin du réseau éducation no 2, fin août 2010.

    Documents et complément d’information:

    Présentations lors de la manifestation du 5 juillet 2010

    Ouverture de la manifestation par Edita Vokral, vice-directrice DDC

    Présentation Lynne Chisholm, co-auteure du premier rapport mondial GRALE

    Présentation Adama Ouane, directeur de l’Institut pour la formation tout au long de la vie de l’UNESCO

    Présentation André Schläfli, directeur de la FSEA

    Présentation Fabienne Lagier, responsable du point focal éducation à la DDC

    Documents de référence de la CONFINTEA VI:

    Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes. Résumé analytique Fr  Eng

    CONFINTEA VI. Rapport final Fr  Eng

    CONFINTEA VI. Cadre d’action de Belém (version français/anglais)